Être (in)capable de dire NON.

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Êtes-vous capables de dire non ? Moi, très longtemps, je n’en étais pas capable. Je suis née très naïve et j’ai toujours fait confiance aux gens à la base. Heureusement, y’a probablement ma bonne étoile qui me protège et qui fait en sorte que jamais rien ne m’est arrivé. Mais ça aurait pu… histoire d’une fille qui a du apprendre à s’assumer.

Être capable de dire NON
Être capable de dire NON

J’ai plein d’anecdotes à vous raconter

La plus vieille, je m’en souviens mais c’est très flou. J’étais jeune, au primaire, je devais avoir autour de 7 ans, je ne sais pas. Il y avait un garçon à l’école un peu ‘’tannant’’, qui prenait beaucoup de place. Il aimait être le centre de l’attention. À cet âge, moi aussi parfois j’étais un peu cinglée ! D’aussi loin que je me rappelle, on était un peu amis. On jouait à toutes sortes de jeux dans la cour d’école, plus inventifs les uns que les autres. Mais il arrivait que ça garçon me touchait. Je n’ai pas souvenir où, mais ma mère, OUI. Je pense qu’il devait s’essayer, en frôlant mes seins ou mes fesses, etc. N.B. : dans mon article sur les menstruations, vous avez découvert que j’ai eu mon ‘corps de femme’ très jeune. À cet âge parfois y’en a déjà qui pensent à ça… Bref. Jeune, vous savez qu’on ne réalise pas toujours ce qui est acceptable ou pas dans la vie. J’avais un malaise quand ces ‘’attouchements’’ se produisaient mais comme c’était toujours subtil, je ne savais pas trop si je devais en parler.

Je me souviens juste qu’un jour j’ai du raconter à ma mère mes doutes car le petit, un beau jour, avait été fortement chicané par la directrice et ses parents. Je pense que je me sentais un peu coupable car depuis ce jour il me ‘’faisait la gueule’’ et on ne pouvait plus jouer ensemble.


Dire NON aux attouchements
Dire NON aux attouchements

Une expérience qui reste traumatisante pour moi dans ma vie, se passe au tout début de ma carrière de maquilleuse. Je cherchais, comme tout le monde, à me faire connaître pour espérer enfin vivre de ma passion car être à son compte, c’est super difficile et les premiers mois sont ceux où on pense le plus lâcher tout. Avec mon site web, un photographe de Montréal m’a découvert. On s’échange 2-3 mails, puis on s’appelle, car il avait besoin de mes services, dit-il. Sympathique première conversation, j’accepte d’aller chez lui le rencontrer. Souvenez-vous : je suis naïve (et sans expérience).

J’ai un copain à l’époque et j’ai tout juste 17-18 ans. Je vais dans son appartement et il commence : voici ma compagnie fondée avec mon frère, blablabla, voici nos projets faits, nos projets futurs, blablabla. Il parle et fume sans arrêt. Après 15 minutes sans air, je suis déjà étourdie par la fumée et sa ‘’diarrhée verbale’’. Il me parle de choses tellement grandioses que j’ai des doutes. Moi, future égérie L’Oréal ?! Je ne pense pas, mais il me fait sourire. Lui, qui s’est fait volé des dessins qui auraient inspiré le film Avatar ?! Ok, ça va peut-être un peu loin. Il dit aimer mon talent, et pense qu’on ferait une équipe à succès. C’est un one-man show, il veut me captiver. Je suis de plus en plus mal-à-l’aise car il est près de moi et me touche les mains. Puis, le moment que j’ai honte de vous raconter arrive.

Il me parle de ses mannequins d’agence (ah bon, tu as une agence internationale en plus ?!), et comment il les forme. Il me dit : ’’Moi je ne suis pas gêné, le premier shooting c’est direct à poils pour les filles. Ça brise la glace.’’ Je me relis et j’ai une roche dans le coeur. Normalement, aujourd’hui, en entendant ces mots, je serais partie en courant. Je ne sais pas si c’est mon manque de confiance et d’affirmation, mais je suis restée sans rien dire, mal.

Ça va plus loin. Il me dit que je ne dois pas être gênée si un jour en travaillant il me tape les fesses ou accroche les seins. Je pense lui avoir dit que je n’étais pas à l’aise. Pour me prouver le contraire, il m’a donné une tape sur les fesses, comme à un enfant, comme si j’étais sa fille. Mais ça faisait 20 minutes qu’on se connaissait. Pourquoi je ne l’ai pas frappé en riposte ?! Insulté ?! Pourquoi quand je suis traumatisée dans la vie je fige ?! Je suis le contraire d’une fille ‘bad-ass’. Aujourd’hui quand j’y repense je m’en veut tellement…

Mais c’est au moment où il m’a parlé de son idée payante de livre de positions sexuelles que le gouvernement lui aurait demandé de faire (vous avez bien lu) que j’ai décroché. J’ai dit non, refus total. Là, je cherchais à partir. J’essayais, mais il me retenait. Il avait bien du plaisir à avoir une jeune femme chez lui et il voulait tant me revoir rapidement ! Bonne comédienne, je reste polie jusqu’à la fin et sort. C’était à un métro loin de chez moi. Je rentrais chez mon père après et je lui parlait de mon feeling sur ce qui venait de se passer. Innocente, ça a juste été le soir même que j’ai été auto-convaincue de l’immense BULLSHIT que je venais de vivre. J’aurais aimé qu’à ce moment mon père ait été aussi vigilant et mère-poule que ma mère pour me protéger. Pour me dire ‘’me semble que ça n’a pas d’allure rencontrer un inconnu chez lui, à cet âge en plus’’.
Tiens, peut-être que je tiens ma naïveté de lui…

Je me suis toujours juré que si un jour je retrouvais le nom de ce charlatan, je le ‘’stoolerait’’ (en bon québécois) à la police. 10 minutes de plus et j’aurais pu être violée ! Désolée d’être si cash, mais c’est vrai ! J’ai été irresponsable et surtout, j’ai beau avoir réussi à lui dire NON, je n’ai pas été capable de vraiment l’affirmer et me défendre.


Les filles en boite
Les filles en boite

Mon dernier exemple de ma non-affirmation de soi, c’est encore vers le même âge, dans les clubs. J’ai commencé à sortir à 18 ans avec mes amies, régulièrement. On aimait (et on aime encore !) danser et c’était notre rituel du samedi soir. On n’allait jamais là pour ‘’cruiser’’ ou se chercher des chums : juste avoir du fun entre nous. Sauf que c’est pas le cas de tout le monde qui fréquentent ces places. Les clubs ‘’typiques’’ sur St-Laurent, c’est une business de cul au fond. Excusez-moi, mais quand le gars à l’entrée contrôle le ratio hommes-femmes pour qu’il n’y ait pas trop de gars, et que nous devons nous habiller assez sexy et assez chic pour pouvoir entrer… je trouve ça honteux et très fâchant. Les gars en cravate pas de running shoes et nous en talons, mini jupe, même l’hiver ?! Bah voyons.

Bon. Maintenant. Voulez-vous bien m’expliquer le problème des gars à venir se frotter contre nous ?! Est-ce qu’on a des pancartes écris ‘’JE SUIS LIBRE JE T’ATTEND’’ dans le dos ?! J’étais en couple à l’époque. Même célibataire, tu ne veux pas forcément danser avec un mec, point. Ils m’agressent quand ils viennent sans même te dire coucou, par derrière. Ils sont peut-être saouls, mais pas moi ! Quelle évolution, la danse, quand même ! Avant les hommes devait faire ajouter leur nom sur la petite liste des femmes de la cour durant un bal et c’était un honneur danser face à face, avec peu de contacts. Aujourd’hui, ça ne regarde même pas le visage, ça ne demande pas notre prénom et ça nous saute dessus ! Je trouve ça irrespectueux. Résultat de l’hypersexualisation ? Hmmm…

Le problème, c’est que ça aussi j’avais du mal à dire non. Je ne voulais pas, ça ne me tentait pas de danser avec un inconnu (la danse de couple genre fox trot c’est autre chose lol)… J’enlevais donc leur main de dos à eux, gênée. Ou mes amies me tiraient et me sauvaient ! Combien on en a fait de ‘rescapages de rapaces’ ! Ouf ! Pourquoi c’est ainsi ? Pourquoi ils se permettent de nous toucher ainsi ?! Je suis sûre que je ne suis pas la seule. Ça m’arrive encore parfois de marcher dans un club et sentir soudainement une main sur mon fessier. Ça m’a toujours irritée mais je pense que la différence, c’est qu’aujourd’hui je frapperais le gars en question. Je ne pense pas que je le ferais, je ne veux pas promouvoir la violence, mais je lui dirais en ‘’ti-ti’’ !

Quand on se fait insulter, non-respecter, quand on est fâchées, IL FAUT LE DIRE. ET LE CROIRE !!

Voilà. Toute cette longue histoire pour dire qu’au final, si vous êtes naïve et insécure comme moi, y’a espoir pour changer. Je vis rarement des situations fâchantes (merci la vie), mais quand ça arrive, je m’affirme plus. Je crois que les expériences de vie et la prise de confiance en soi et en ses droits est la clé du succès.


Je me suis laissé aller, comme vous aviez bien aimé mon premier article ‘’Entre Filles’’. J’aimerais continuer à en faire régulièrement, parler de sujets qui nous touchent toutes. En espérant avoir touché une corde sensible, je vous dis salut, toute nue.

Merci de me suivre et j’attend vos histoires ! xx

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