Cri du coeur à mes chers amis travailleurs autonomes

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Workaholic
Workaholic

‘’Lâche pas ton beau travail’’. Si vous saviez le nombre de fois que j’entend cette phrase, chaque mois, chaque semaine, chaque jour presque… Normalement, n’importe qui de sain prend cette phrase en souriant, c’est des encouragements après tout. Mais pourquoi on m’encourage ? C’est difficile ce que je fais ? Les gens le réalisent ? ‘Lâche pas’… au fond ça sonne comme si plusieurs lâchaient… parce que je dois me démarquer et toujours pousser la machine plus loin. Non ? ‘’Continue de travailler fort, Cynthia !’’. Ces phrases ne m’ont jamais affectées, sauf… la fois où j’ai eu peur pour ma santé.

Je suis une travaillante. Bonne élève, bonnes notes ; entreprendre et réussir ça a toujours fait partie de ma vie. Je tiens ça de ma mère : elle est dans la soixantaine, à la retraite et je ne la vois presque jamais se reposer. Elle-même le dit : ‘’on ne dirait pas que je suis à la retraire’’. C’est une battante qui fait toujours tout pour ses 2 filles et qui a notre bonheur à coeur. Elle ne s’arrête presque jamais, du matin au soir. Moi, dès que le cadran sonne je vois mes notifications sur mon cellulaire. Et qu’il soit 6, 8 ou 10h, il y en a toujours beaucoup… Je suis heureuse de me lever car nouvelle journée = plein de choses à accomplir et j’aime vivre, point. Ce n’est pas long qu’une fois sur mes 2 jambes, je me met en mode ‘’speedé’’ et je coche les taches à faire sur ma Wunderlist.

Comme tout le monde, j’ai des passes où j’aurais envie de rien faire. Me reposer. Mais je ne peux pas. Non, parce que quand t’es travailleur autonome, la seule personne capable de te mettre une limite c’est toi-même. Et si tu n’en a pas, tu es foutue. J’aime mon horaire flexible, que je créer moi-même. Mais travailler 12h par jour 7 jours sur 7… moins. J’ai toujours penser que j’étais jeune, 21-22-23 ans et pleine d’énergie encore ! Que ce rythme me satisfaisait. Que juste quand je voudrais des enfants je devrais changer. Je n’aurais plus le choix. Mais pour l’instant, depuis au moins 3 ans, ma job, c’est ma priorité. Tout le reste en écope : ma famille, mon chum, mes amies (que je vois parfois 1 fois par mois), ma santé, même mon chat parfois… Ça me rend triste quand j’y pense. C’est dans des moments comme ça que je me dis ‘’Je VEUX profiter de la vie. La vie c’est pas travailler. C’est être dans le moment présent avec ceux que j’aime’. Je réalise ça là, à 23 ans.

Je ne sais pas si ça dérange mes proches que je travaille trop. Ils ne me le disent pas. Non car, en général, tout ce qu’on me dit c’est ‘’tu travailles fort, lâches pas’’. J’ai juste mes meilleures amies qui me ‘’watchent’’. Cel me dit : ‘’attention Cyn, tu dois te reposer aussi, gardes toi des moments’’. Je hoche de la tête pour dire oui, mais je ne le fais pas. Puis un jour, boum, tu es comme une fille au régime qui redécouvre le chocolat après des années : tu tombes nez à nez avec cette envie folle de rien faire. De faire un gros doigt d’honneur au monde. Tu te met à dé-culpabiliser. À relativiser. Tu as tellement privé ton corps et ta tête de repos pendant des années ou des mois, qu’il revient au galop dans ta face. La machine que tout le monde aime que tu sois explose.

J’étais fâchée cet été. Heureuse, car j’ai réalisé un rêve (même plusieurs) en 3 mois… mais aussi fâchée. De ne pas avoir d’été encore. Mon teint de fantôme était là pour me le rappeler à tous les jours. Je vivais une des plus belles expériences de ma vie (vous en saurez seulement plus dès février)…. mais je ressentais en même temps un vide en moi. Comme si je ne pouvais pas jouir au maximum de ce qui se passait. Quelle frustration…

Tournée Uniprix
Tournée Uniprix

Encore en septembre, j’étais un robot. Je me souviens passer dans le métro et aller à mes rdv trop nombreux machinalement. Ma tête n’étais plus bien : elle cherchait à tout prix une solution à mon désarroi. Mais je n’en voyais pas… dans aucun cas je m’imaginais gagnante.
J’étais arrivée au point où je m’inquiétais pour ma santé pour la première fois de ma vie. C’est là que les phrases ‘lâche pas’ ont commencé à me déranger. Et si je lâchais ? Ça te ferait quoi ?! Je deviendrais quoi ?! La pression de la réussite m’a fait sortir les griffes. Le burn out… je ne l’ai jamais observé de si près. Je savais ce que je devais faire pour ne pas franchir la ligne. Mais cette décision me pesait. Mon coeur disait ‘oui, fonce’, mais ma tête avait envie d’écouter les autres qui me suggéraient de rester seule… Seule, on fait plus d’argent peut-être. On gère seule ses trucs, c’est cool. On a le total contrôle. Moi, je portais au moins 10 chapeaux différents dans ma ‘jeune entreprise’. J’aime ça dépendre de moi… mais il vient un moment pour tout travailleur autonome où le succès doit rimer avec adaptation.

Le succès
Le succès

Le succès, j’ai eu peur de le partager. Travailler si fort pendant 5 ans, construire une sorte d’empire et risquer de le mettre en jeu en le partageant avec d’autres… la réflexion me démangeait le cerveau jour et nuit. Puis, je n’ai plus eu le choix. Je me suis dit ‘’Je vais prendre l’aide qu’on m’offre. Pour ma santé ». J’ai saisi la perche. J’ai fait le grand saut. J’ai partagé mon bébé de 5 ans avec des inconnus. Je priais le ciel de ne pas m’être trompé…
Mais heureusement, après 2 mois et demi d’échanges avec 3 personnes super cool, je peux vous dire que non. Le Slingshot m’a sauvée. Je le pense vraiment. Ils ont vu que je n’allais plus, ils ont ouvert les bras et réagit vite, et moi j’ai fini par me laisser bercer. Je pleure juste à me souvenir du poids enlevé sur mes épaules… Cette sensation est apparue quand j’ai pu transférer mes 40 quelques emails de job non répondus par manque de temps à mon agent !

C’était la première fois de ma vie que quelqu’un d’autre répondait à mes emails à ma place. J’en avait rêvé des dizaines de fois, mais là, j’avais osé. Angoisser chaque jour à cause de (pardonnez moi le mot) FUCKING emails, c’est pas une vie. En tout cas, ce ne l’était plus pour moi.

Bref, toute cette histoire pour vous dire que je vais mieux, premièrement. Grâce à l’aide que mon agence m’apporte, je peux retrouver du temps pour me concentrer sur l’essence même de mon travail, ce que j’aime faire, alias mes vidéos sur YouTube. Alias mon blog. J’ai finalement appris à déléguer et ça fait du bien. Avoir de l’aide, ce n’est pas travailler moins fort. C’est être stratégique et optimiste.

Cynthia Dulude
Cynthia Dulude

Bien à vous chères lectrices (et lecteurs?),
Travaillez bien, mais pas trop. Et lâchez prise avant de lâcher pour vrai 😉